Cameroun- Répression en régions anglophones et dans le Nord : Des sénateurs américains exigent des sanctions contre le gouvernement

2018-12-09 01:44:35 - Le sénateur Démocrate américain Chris Van Hollen a transmis samedi   au secrétaire d'État américain, Mike Pompeo,   une lettre signée par un groupe de sénateurs démocrates, faisant part de leurs vives inquiétudes au sujet des violations des droits de l'homme, des violations des règles de l'état de droit et de la fraude électorale au Cameroun. La lettre a été signée par les sénateurs Dick Durbin (D-Ill.), Edward Markey (D-Mass.), Ben Cardin (D-Md.), Amy Klobuchar (D-Minn.), Chris. Coons (D-Del.), Elizabeth Warren (D-Mass.), Jeff Merkley (D-Ore.), Tim Kaine (D-Va.) Et Kamala Harris (D-Calif.).

 «Le Cameroun est devenu un partenaire régional de plus en plus important dans la lutte antiterroriste et les États-Unis ont renforcé leur engagement en matière d'assistance à la sécurité ces dernières années. Cependant, la montée des tensions dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, conjuguée aux informations crédibles faisant état d'atteintes aux droits humains commises par les forces armées camerounaises dans ces régions et dans l'Extrême-Nord, où Boko Haram est actif, a changé la perception que l'on doit avoir  de l'assistance militaire américaine », ont écrit les membres de la Chambre Haute du parlement américain, qui informent dans la même foulée monsieur Pompeo de ce que «Les rapports indiquent que les forces gouvernementales sont responsables d'assassinats extrajudiciaires, d'incendies de villages, de tortures et d'autres violations des droits humains. ». Ils ont évoqué à ce propos, «  notamment une vidéo très médiatisée montrant des soldats exécutant deux femmes, un enfant et un bébé accusés d'être des membres de Boko Haram. ».
 
On peut également lire dans la lettre que « La mort violente du missionnaire américain Charles Wesco souligne l'ampleur des effusions de sang qui ont submergé les régions anglophones du pays. Les chiffres des Nations Unies indiquent que plus de 21 000 Camerounais ont fui dans les pays voisins et que 160 000 sont des personnes déplacées à l'intérieur de leur pays. ».
 
Sur fond de mise en demeure du gouvernement camerounais les Sénateurs américains qui affirment être "impatients de travailler avec le Département d'Etat"  sur cette question cruciale, urgent le le chef de la diplomatie américaine « d' indiquer clairement au gouvernement du Cameroun que, même si nous restons dévoués à la lutte contre Boko Haram, notre engagement en faveur des droits de l'homme et de la légalité est inébranlable et nous attendons de nos partenaires régionaux de partager cet engagement. Nous devons également souligner l'importance cruciale d'une solution politique à la crise dans les régions anglophones, travailler avec les groupes de la société civile pour faire en sorte que les élections soient libres, ouvertes et transparentes et offrir notre assistance en tant que médiateurs. Les États-Unis devraient imposer des sanctions aux personnes reconnues coupables de violations flagrantes des droits de l'homme, conformément à la loi. En outre, nous travaillerons avec nos collègues du Sénat pour déterminer si des conditions supplémentaires devraient être imposées à l'assistance en matière de sécurité au Cameroun. »
 
« Dear Secretary Pompeo:
 
We are writing in response to concerns that have been raised about the recent elections in Cameroon, the ongoing crisis in the Anglophone regions of the country, and human rights abuses related to the crisis and the campaign against Boko Haram.
 
Cameroon has become an increasingly important regional counterterrorism partner and the United States has increased its commitment of security assistance in recent years. However, rising tensions in the Anglophone North West and South West regions, coupled with credible reports of human rights abuses by the Cameroonian armed forces in those regions and the Far North, where Boko Haram is active, have changed the tone of discussions regarding U.S. security assistance.
 
Reports indicate that government forces are responsible for extrajudicial killings, the burning of villages, torture, and other human rights abuses, including a much-publicized video reportedly showing soldiers executing two women, a child, and a baby they accused of being members of Boko Haram. The violent death of American missionary Charles Wesco underscores the level of bloodshed engulfing the Anglophone areas of the country. United Nations figures indicate that more than 21,000 Cameroonians have fled to neighboring countries and 160,000 are internally displaced.
 
In addition, recent elections were marred by irregularities and intimidation. Voter turnout in the Anglophone regions was reportedly "marked by apathy, and in some regions, outright fear," and driven to unprecedented lows by the military's campaign against Anglophone separatists, which has often veered into human rights abuses against civilians. The results of the election remain heavily disputed, and multiple presidential candidates have petitioned for the results to be voided, citing allegations of ballot stuffing and intimidation. The program director for Central Africa at the International Crisis Group told Foreign Policy that "[t]here is an emerging civil war. Anglophones feel completely disenfranchised, but they didn't need the elections to tell them that."
 
The U.S. government should make clear to the government of Cameroon that, while we remain dedicated to the fight against Boko Haram, our commitment to human rights and the rule of law is steadfast and we expect our regional partners to share that commitment. We must also emphasize the critical importance of a political solution to the crisis in the Anglophone regions, support civil society groups to ensure that elections are free, credible, and transparent, and offer our assistance as mediators. The United States should impose sanctions on individuals found to have committed gross violations of human rights, consistent with the law. In addition, we will work with our colleagues in the Senate to assess whether additional conditions should be imposed on security assistance to Cameroon.
 
Sandra Andeme
 
 

: France Monde