France : Cardinal Barbarin, un ténor controversé, selon le journal La Croix.

2019-03-09 00:08:55 - Une chose m'étonne (« au sens classique » comme disaient les anciens profs de lettres, c'est-à-dire « me stupéfie ») dans les commentaires de tous niveaux qui fleurissent sur les « affaires » qui affectent, au plan des mœurs, l'Eglise catholique (affaires dites de pédophilie, ou d'abus perpétrés par des prêtres sur certaines religieuses), une chose donc m'étonne c'est la feinte indignation des dénonciateurs.

 Indignation feinte disais-je car enfin les dénonciateurs, comme je le rappelais il y a quelques jours ici-même sont les partisans de l'amoralité, et les disciples réels de la camarilla anticléricale qui ces jours-ci klaxonnent autour des errements de certains clergimen avec parfois une vraie férocité, mais toujours une hypocrisie de mauvais aloi (voir : http://www.lescrutateur.com/2019/02/le-film-grace-a-dieu-de-francois-ozon-est-une-manipulation-grossiere.html ).
 
Trouverais-je, a contrario, des excuses aux prêtres coupables des errements évoqués ?
 
On peut toujours trouver des excuses dans certains cas individuels de gens exceptionnellement, ou habituellement déboussolés. Comment, dans le cas contraire, expliquer en pays civilisés l'existence de tribunaux pour épargner aux victimes de leurs passions de toutes sortes l'arbitraire extrême du jugement public, comme il se manifeste parfois dans la colère des « braves gens » (évoqués par Brassens), en place publique, c'est-à-dire de la lapidation « pure » et simple, et parfois pas seulement symbolique.
 
Une dame « morale » qui m'a déjà téléphoné déjà trois fois, et longuement, pour clamer sa haine du père Preynat, au nom de la morale, me convainc de la nécessité pour chacun, et d'abord pour les catholiques de prendre du champ et de rejeter la pierre qu'ils auraient déjà ramassée.
 
Mais il est vrai, aussi, qu'il ne s'agit pas de cas individuels de gens déboussolés, mais de prêtres et même de hiérarques haut-placés de la religion catholique. (je me restreins au catholicisme, et ne détournerai pas le problème sur d'autres religions ou institutions – sportives, culturelles, même familiales,etc – qui sont aussi concernées, mais dont, curieusement on ne parle pas). Il s'agit de personnes cultivées placées à des postes de responsabilités qui n'ont pas été surprises par hasard dans une quelconque sacristie à la tentation démoniaque.
 
Ces actes doivent être punis, canoniquement par l'Eglise, et judiciairement par les autorités civiles compétentes. Il est certain que l'Eglise a trop tardé à porter le bistouri où il fallait et quand il fallait. L'explication est à chercher dans un esprit de corps que l'on peut comprendre, comme il existe dans une famille quand l'un des siens a plongé dans d'affreuses ténèbres.
 
Hélas! cet esprit de corps s'est avéré une erreur, et pis encore, une faute.
 
Les « égarés » l'étaient-ils tous ? Ou bien cherchaient t-ils seulement un bunker protecteur ? Avaient-ils encore la foi ? Comme le dit la supérieure Angélique de St-Jean, dans la pièce Port-Royal de Montherlant, à une jeune novice qui doutait de la sincérité foi d'un évêque parisien de l'époque  : « Hélas ! Mon enfant il y en a qui sont comme cela (athées) et qui méritent surtout d'être plaints ».
 
Il y aurait beaucoup d'autres chose à dire mais que je reporte à un autre article pour ne pas trop alourdir cette présentation.
 
Deux remarques encore : 1) Ce n'est pas la première fois que l'Eglise catholique passe par de telles tempêtes. Le Christ les avaient préfigurés dans la parabole de la tempête sur le lac de Tibériade.
 
2) Ma deuxième remarque s'adresse aux indignés (ées). Elle rappelle cet autre passage des Evangiles où le Christ sauve une pauvre femme adultère de la lapidation par les « gens bien ». « Que celui qui n'a jamais péché, lui jette la première pierre! Et ils s'en allèrent tous, en commençant par les plus anciens ».
 
(Le Scrutateur).
 
 

: France Monde