France : Diners privés fastueux . Pratique courante, les politiques, donneurs de leçons, se goinfrent sur le dos des Français

2019-07-13 13:56:37 -"Ça existe à l'Intérieur, à la Justice, à la Défense, au Quai d'Orsay..." : les dîners, une pratique courante (mais moins ostentatoire) dans plusieurs ministères."Ça existe à l'Intérieur, à la Justice, à la Défense, au Quai d'Orsay..." : les dîners, une pratique courante (mais moins ostentatoire) dans plusieurs ministères."Ça existe à l'Intérieur, à la Justice, à la Défense, au Quai d'Orsay..." : les dîners, une pratique courante (mais moins ostentatoire) dans plusieurs ministères 
 
"J'ai fait des dizaines de ces dîners." Si les réceptions organisées à l’hôtel de Lassay par François de Rugy ont provoqué une polémique, un ancien collaborateur passé par plusieurs ministères confirme qu'elles se tiennent aussi dans d'autres institutions. "Ça existe à l'Intérieur. J'ai vu ça aussi à la Justice, à la Défense, au Quai d'Orsay", raconte-t-il. Mais si toutes les personnes interrogées par franceinfo confirment que dans les ministères, on ne fait pas que manger des plateaux-repas, elles décrivent des dîners différents de ceux qui sont reprochés à l'ancien président de l'Assemblée nationale dans Mediapart.
 
La liste des invités y est parfois hétéroclite, à l'image de celle des dîners à l'hôtel de Lassay citée par BFMTV. Plusieurs journalistes du service public nous ont confirmé qu'ils étaient parfois sollicités. 
 
J’ai été invitée par deux ministres : Christian Estrosi à Beauvau [quand il était à l'Outre-mer] et Renaud Muselier au ministère des Affaires étrangères. Leurs secrétariats m’ont appelée sur mon portable pour me le proposer, mais j’ai immédiatement refusé.
Une journaliste politique à franceinfo
 
Contactés par franceinfo, ces deux ex-ministres n’ont pas souhaité répondre, évoquant un planning trop chargé. "Ça a dû m'arriver d'être invitée une ou deux fois, confirme Nathalie Saint-Cricq, éditorialiste politique à France Télévisions. Mais je ne vais pas dans les dîners."
 
Des scientifiques peuvent aussi s'y trouver. "J'ai participé à deux reprises à des réceptions à l’Elysée", rapporte une chercheuse. Invitée pour discuter de son domaine d'études, elle raconte avoir partagé la table avec "des participants de différents horizons : société civile, monde politique, monde diplomatique, monde de la recherche".
 
Des personnalités du monde des arts et de la culture sont aussi parfois conviées, comme nous l'a confirmé Fabrice Luchini. "J'ai été invité à quelques dîners de personnalités politiques, de gauche comme de droite", relate le comédien, sans livrer le nom de ses hôtes. L’ex-ministre de l'Agriculture Dominique Bussereau reconnaît avoir invité l’acteur Jacques Villeret, un "ami de lycée". "Le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, ne le connaissait pas et souhaitait le rencontrer." Son seul dîner avec un "happy few", assure-t-il.
 
Si François de Rugy n'est manifestement pas le premier politique à inviter des personnalités à des dîners fastueux, les anciens responsables politiques qui ont répondu à franceinfo ne se reconnaissent pas dans les pratiques décrites par Mediapart. L'ancienne ministre de la Santé Roselyne Bachelot se souvient bien de dîners, ainsi que "de petits déjeuners, d'apéritifs, de thés, de déjeuners, de cocktails avec tous les enquiquineurs de la terre", "sans compter tous les repas transformés en réunions de travail avec le cabinet, les hauts fonctionnaires et tutti quanti". Mais ce qu'elle décrit comme "un vrai cauchemar" ressemble plus à des repas studieux qu'à des soirées entre amis.
 
"Les dîners dans un ministère, c'est fait pour travailler, ou pour honorer un visiteur", acquiesce Dominique Bussereau. Ministre de l'Agriculture puis secrétaire d'Etat chargé des Transports sous les mandatures de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, il se souvient surtout qu'il "recevait pas mal de ministres étrangers" à l'occasion du Salon de l'agriculture puis de celui du Bourget, "presque un soir sur deux".
 
Marylise Lebranchu explique, elle, qu'elle organisait "une fois par mois" un dîner à son ministère de la Fonction publique, mais qu'il s'agissait, là aussi, d'un rendez-vous de travail : en l'occurrence des débats "avec des responsables d'entreprises, région par région, au moment du lancement des simplifications nouvelles". Celle qui a également été garde des Sceaux indique qu'elle a "parfois" invité au ministère "[son] mari, [ses] filles et leur famille", et "deux fois" des amis, "mais dans ces cas, j'ai payé les repas".
 
Et même quand les invités des dîners ne sont pas des politiques ou des membres de cabinet, on y croise, a priori, plus souvent des experts que le dernier acteur à la mode. Parfois convié dans les ministères d'autres membres du gouvernement, Dominique Bussereau y croisait des personnes extérieures au milieu politique, "mais dont les fonctions étaient en rapport avec les activités du ministère. Chez Valérie Pécresse, je me rappelle d'avoir dîné avec des présidents d'université ou des recteurs".
 
Scientifiques, professeurs, penseurs... Sont habituellement conviés à ce genre de réceptions "des gens qui réfléchissent autour de problématiques précises sur lesquelles le ministre veut être informé, se souvient un ancien collaborateur de plusieurs ministères. Le thème peut dépendre du passage d'une loi. Ce sont de vraies discussions, les gens ne sont pas toujours d'accord, et après ça, le ministre peut faire évoluer sa pensée."
 
Parfois, les invités sont des gens que le ministre connaît, car c'est son domaine, mais je n'ai jamais assisté à un dîner amical. 
Un ancien collaborateur de plusieurs ministères à franceinfo
 
Quant à la présence de journalistes aux côtés de politiques et de représentants de la société civile, un des aspects les plus commentés des dîners de François de Rugy, elle n'est pas forcément habituelle, ni recherchée par les intéressés. "Me retrouver avec des chefs d'entreprise, des avocats, je ne vois pas à quoi ça pourrait me servir", estime Nathalie Saint-Cricq, qui n'accepte que les rencontres où seule la presse est conviée. "On ne mélange pas souvent les journalistes et la société civile, c'est plus codifié que ça, confirme l'ancien collaborateur ministériel, qui occupait la fonction d'attaché de presse. S'il s'agit d'un repas de presse, le ministre est présent avec son directeur de cabinet et l'attaché de presse."
 
Cette ambiance plus studieuse que luxueuse se reflète aussi dans le menu. Les dîners auxquels Fabrice Luchini a assisté n’avaient, selon lui, rien d’"ostentatoires". "Ils surveillent leur ligne", ajoute l'acteur avec humour. Ce qui est servi ressemble plus, d’après les interlocuteurs de franceinfo, à "un repas Chez Françoise", un restaurant apprécié des politiques près de l’Assemblée, qu’aux "banquets de la IIIe République".
 
C'était entrée, plat, dessert, de la cuisine française, de bonne qualité, mais sans être de la grande gastronomie.
Dominique Bussereau, ancien ministreà franceinfo
 
Le collaborateur joint par franceinfo l’affirme : "Je n'ai jamais eu un vin à 500 euros sur la table. C'était des bordeaux à 10-15 euros. Et je n'ai jamais vu passer de homard géant." Le menu était plus souvent composé, d'après cet interlocuteur, de magrets de canard ou de quenelles, cuisinés et servis par le personnel des ministères. Il estime le coût du repas à 30 euros. Face aux récentes révélations de Mediapart et aux photos des réceptions données par François de Rugy, ce conseiller exprime son "étonnement" : "Je suis tombé de l'armoire quand j’ai vu la magnificence du truc." 
 
Louis BoyCamille Adaoust
 
Source : https://www.francetvinfo.fr/politique/la-republique-en-marche/francois-de-rugy/ca-existe-a-l-interieur-a-la-justice-a-la-defense-au-quai-d-orsay-les-diners-une-pratique-courante-mais-moins-ostentatoire-dans-plusieurs-ministeres_3532859.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20190713-[lestitres-colgauche/titre1]
 
Ils vont nous faire pleurer tous ces menteurs patentés, ils vont finir par nous convaincre qu'ils font un UberEat chez MacDo ! 
Le peuple crève et ces parasites se goinfrent sur le dos des citoyens... Jusque quand ?
 
Publié par Paul
 

: France Monde