France : Un 14 juillet en fanfares et …. faux semblants.

2017-07-15 01:48:53 - L'émission spéciale de la chaine France II consacrée au défilé du 14 juillet laisse, à l'observateur attentif une étrange impression mêlée d'inquiétudes.

Evidemment le spectateur badaud a pu être satisfait de la profusion de belles images : les aperçus, trop rapides sur Versailles ( comme déjà hier sur les Invalides ), sur le château de Chantilly et les merveilles artistiques qu'il contient léguées à la France par le prince de Condé, ( même pas nommé dans le commentaire ), les autres merveilles techniques dévoilées par les analyses des journalistes spécialisées sur les prouesses de nos ingénieurs et chercheurs en matière de réalisations militaires et d'observations, témoignent de ce que la France est toujours capable d'exploits dans ces domaines là, fruit d'un héritage ancien de près de 15 siècles d'efforts.
 
Faut-il se rassurer et penser, à trop bon compte que la crise actuelle n'est que passagère, et qu'elle se dissipera comme un brouillard malsain lors d'une aube prochaine?
 
L'observateur attentif, même en s'efforçant de répudier tout pessimisme de principe, est d'un avis plus circonspect.
Je ne peux, en ce qui me concerne, m'empêcher de penser que les deux personnages politiques sur qui étaient braquées les caméras, MM Donald Trump et Emmanuel Macron demeurent enveloppés non de mystère ( n'abusons pas des mots ) mais d'ambiguïté. Et compte-tenu de leur importance sur l'échiquier politique mondial, cela ne laisse pas d'inquiéter.
 
Trump d'abord. Qui est-il?
 
Le voici gagné par la manie macroniste de taper dans le dos de ses interlocuteurs. Il n'est pas certain que le chef de l'Etat Chinois Xi Jimping, où la belle Angela d'Allemagne apprécieraient ce traitement cavalier, ni la sobre Théresa May.
 
Le locataire de la Maison Blanche aurait-il adopté la gestuelle de son jeune partenaire français? Ou bien, un rendu pour un prêté retourne t-il la gestuelle du gamin en jouant le rôle du papa à l'égard du fiston qui tarde à devenir adulte?
 
On n'ose l'espérer.
 
Toute plaisanterie mise à part ce que j'ai vu ce matin du président des USA, c'est un grand enfant battant des mains devant le défilé militaire des Nicolas et Pimprenelle français qui « jouaient » à marcher au pas, au milieu des tanks et des flonflons. Cet homme est-il ce grand enfant, ou encore le balourd que voudraient nous fourguer les médias du monde occidental et particulièrement français et américains, pour disqualifier, parce qu'il les dérange, quelqu'un qui a tout de même été élu président de la première puissance mondiale, malgré l'opposition farouche de l'establishment?
 
Trump est-il ce qu'il paraît, ou bien a t-il adopté le principe de gouvernement du roi Louis XI pour qui « ne peut régner qui ne sait dissimuler ».
 
Un doute subsiste, souhaitons que l'avenir ne nous réserve pas de surprise trop désagréable.
 
Et j'en dirai de même de M. Macron. Est-il ce qu'il paraît, ce qu'on nous montre?
 
Ce 14 juillet, je l'ai vu d'abord descendre les Champs comme un empereur romain ( de la décadence ) au côté du général de Villiers, visage sévère, on sait pourquoi et qui n'a pas desserré les dents de l'Arc jusqu'à la Concorde; puis en instituteur de Trump, ou si l'on préfère en guide touristique. Au grand et « gros enfant extasié » qui sur l'estrade se penchait vers lui à tout instant pour en recevoir l'enseignement sur le spectacle en cours ( on ne gouverne pas sans jeux ! ) il était ravi, manifestement de faire valoir son brio de bon élève à Brigitte toute proche.
 
Puis le président s'est baigné dans la foule. Il a raison d'en profiter, cela pourrait ne pas durer. Les images, amies, pleuvaient : celles d'enfants pupilles le nation, d'une femme dans la détresse qu'il a serré tendrement entre ses bras avec un beau sourire triste. Chirac aussi, savait faire cela. Mieux que Hollande dont les dames ( sauf de certaines exceptions ) s'écartaient prudemment.
 
Les dirigeants, même les plus durs, savent qu'il faut créer de l'émotion, qu'on ne peut gouverner sans créer de l'émotion, à gogo. De l'émotion avant toute chose et d'abord plus que du raisonnement et de l'analyse à froid.
 
Plus tard, je l'ai vu à Nice devant tout un aréopage de politiciens, dont deux « has been » : Hollande, qui faisait sa rentrée, et le regretté Sarkozy, côte à côte et visiblement « an ba fèy ». Devant cette auguste assemblée, et commémorant le tragique attentat du juillet de l'an dernier, il a prononcé une allocution de bonne facture avec des citations et tout, comme aurait fait son ancienne collègue, dans une vie antérieure, la divine Taubira.
 
C'est alors que j'ai enregistré une fausse note. Tout à la fin de l'allocation ( pardon pour le lapsus ), tandis que le public ( et Hollande ! Et Sarkozy ! ) applaudissait à tout rompre ( et longuement ) monsieur le président se tenait tout droit, dégustant le nectar de sa popularité, bien imprudemment ( la capitole est voisin,, on le sait, de la roche tarpéïenne ).
 
Alors, je vis sur son front apparaître, latéralement, une ombre qui me fit entrevoir ...Adolphe Hitler.
La caméra se portant sur la foule, le spectre disparut à l'image, pour reparaître après quelques secondes. Et c'était à s'y méprendre.
Puis la mèche disparut sur un mouvement de tête du président.
 
Le « truc est connu » depuis le film Le Grand restaurant, avec de Funès. Je n'ai pas inventé cette anecdote. J'ai bonne vue, et le scepticisme ( méthodique ) ne me quitte pas.
 
S'agit-il d'une farce? Qui aurait pu la commettre? Un boutonneux de seize ans, un rien farceur? Mais il n'en est pas d'aussi jeunes en la maison. Alors, non plus une farce, mais une image subliminale, voulant suggérer que déjà sous Emmanuel perçait le Chancelier H?
 
Monsieur Macron il n'y a pas que « l'extrême droite » à discuter vos mérites. N'oubliez pas les Trotskystes, le Mélenchon et ses sbires, l'extrême gauche de « nuit de boue ».
 
Il faut avertir Brigitte.
 
Le Scrutateur.

: France Monde